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Frère
John Johnston, F.S.C. Supérieur Général (1986-2000)
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'UMAEL
20 - 24 MAI 1999
MOT D'OUVERTURE
La mission de la Famille lasallienne
C'est un plaisir pour moi, ce soir, de vous
souhaiter à tous la bienvenue à la Maison généralice. Beaucoup, je
dirais même la plupart d'entre vous, y sont pour la première fois
J'espère que votre séjour parmi nous vous aidera à apprécier de
façon plus profonde la dimension universelle de notre Famille
lasallienne internationale.
Votre présence à la Maison généralice et la mienne parmi vous ce
soir doivent servir de signes du caractère universel de notre
mission lasallienne. Comme signes, elles nourrissent notre sens
d'appartenance à la famille mondiale des disciples de Jean?Baptiste
de la Salle vouée à l'éducation des jeunes et des jeunes pauvres en
particulier. Chaque fois que je rencontre des participants à la
mission lasallienne, je commence ma présentation, lorsque c'est
possible, en faisant un survol de nos activités à travers le monde.
Je veux faire ainsi ce soir, mais je devrai être bref car j'ai aussi
d'autres commentaires à faire concernant nos anciens élèves, leurs
associations, leurs fédérations et sur l'union mondiale des anciens
élèves.
Dans mes vingt?trois ans à la Maison généralice ? dix comme vicaire
général et treize comme Supérieur ? j'ai eu le privilège d'être en
relation avec des éducateurs et des jeunes gens et jeunes filles à
travers le monde lasallien. Je considère comme un plaisir et un
devoir de partager avec d'autres quelques éléments de cette
expérience internationale extraordinaire. La mission lasallienne
aujourd'hui
Nous comptons aujourd'hui plus de 800,000 élèves et étudiants en
plus de 900 institutions éducatives: formées d'écoles maternelles,
élémentaires, secondaires et techniques, d'agriculture et
d'ingénierie, de formation des maîtres et d'universités. On y trouve
des programmes pour illettrés, pour les immigrants, les itinérants,
les handicapés physiques et mentaux, de même que pour des jeunes
souffrants de difficultés d'apprentissage et de comportement. Nous
retrouvons aussi des centres d'animation pastorale qui offrent une
variété d'activités religieuses et apostoliques. Il y a des centres
sportifs et d'autres pour des activités sociales et récréatives.
Parmi les 800,000 élèves et étudiants, il y a des enfants d'âge pré-scolaire,
des enfants, des adolescents, des jeunes adultes, des adultes et des
personnes d'âge avancé qui représentent une variété étonnante de
cultures, de races, d'héritages ethniques, de langues et de
religions.
Sur le plan économique, certains pays du monde lasallien sont
développés ou modérément développés tandis que d'autres sont
extrêmement pauvres. La plupart jouissent d'une paix relative, mais
trop sont ravagés par les divisions, la violence et même la guerre.
Les réalités politiques par rapport au support accordé à notre
mission éducative varient de très favorables à très opposées. Si, au
moment de la fondation de l'Institut, tous ou presque tous les
élèves étaient de religion catholique, la situation d'aujourd'hui
est très différente. Car aujourd'hui nos jeunes peuvent être
catholiques, orthodoxes, juifs, protestants, musulmans, bouddhistes,
hindous, shintoïstes, confucianistes, de religions traditionnelles
ou n'appartenant à aucune religion. Je pense qu'aucun autre institut
religieux compte autant de musulmans qu'il s'en trouve dans nos
écoles. Dans certains secteurs, notamment en Malaisie, nos jeunes
sont de religion chrétienne, musulmane, bouddhiste ou hindoue. II
s'agit de même pour les enseignants. Néanmoins, quel que soit leur
composition religieuse, nos écoles sont catholiques. II est
important de dire que nos écoles ne sont pas de caractère "hybride"
ou "interreligieux" dans lesquelles se fondent de façon éclectique
les diverges traditions religieuses. Non, nos écoles sont
catholiques. Et parce qu'elles sont catholiques, elles sont ouvertes
à tous. Et, de façon évidente, nous avons des milliers d'anciens
élèves très loyaux, dont certains parmi vous ce soir, qui sont de
religions autres que catholique.
Nous sommes une famille caractérisée par une unité profonde d'une
part, mais aussi par une diversité profonde d'autre part. Dans mes
visites à travers le monde, je ne cesse d'être stupéfait de voir
combien rapidement j'en viens à me sentir "chez moi". II y a, de
toute évidence, "quelque chose" qui nous lie les uns aux autres. Ce
quelque chose est le don que Jean?Baptiste De La Salle a reçu de
l'Esprit?Saint pour le service des jeunes. Ce don, nous le nommons
le charisme lasallien. Ce charisme s'est transmis tout au long de
nos trots cents ans d'histoire. lI continue aujourd'hui d'unir,
d'inspirer, et de donner direction à tous ceux et celles qui le
reçoivent, I'acceptent et en vivent.
De "I'école des Frères" à "I'école lasallienne"
Environ 68,000 directeurs, administrateurs et enseignants sont
engagés dans notre mission mondiale. Quatre-vingt-douze pour cent de
ceux?ci sont laïcs, hommes et femmes. 2% sont des prêtres ou des
religieux et religieuses venant d'autres congrégations. 6% sont
Frères des Écoles chrétiennes. Ces statistiques démontrent de façon
évidente le changement extraordinaire qui s'est produit au cours des
dernières décennies dans la façon de vivre la mission lasallienne.
Pendant plus de 250 ans, les Frères des Écoles chrétiennes
agissaient comme "agents" de la mission lasallienne, assistés d'un
petit nombre de laïcs, hommes surtout. J'ai souvent décrit le modèle
en usage pendant cette longue période en utilisant l'image du
triangle renversé, le nombre important de Frères en formant la base
et le petit nombre de laïcs, le sommet. Ces professeurs laïcs
agissaient comme aides aux Frères dans la conduite de "I'école des
Frères". Mais, pendant les trois dernières décennies, alors que le
nombre des Frères a diminué de façon importante, le nombre de laïcs,
hommes et femmes, a augmenté considérablement. De plus, I'Église
catholique ?et l'Institut des Frères des Écoles chrétiennes ? qui,
auparavant avait "toléré" le personnel laïc comme un "mal nécessaire"
? a reconnu depuis de manière officielle que les laïcs sont appelés
à participer dans tous les aspects de la vie de l'Église.
Pour ces raisons, le triangle a dû graduellement changer de forme de
façon à ressembler davantage à un triangle normal plutôt qu'inverti.
II est devenu évident que le modèle de "I'école des Frères" ne
s'appliquait plus. Pendant plusieurs années où règnent la confusion
et la frustration un nouveau modèle s'est mis à émerger. C'est le
modèle qui est aujourd'hui officiellement reconnu. Nous I'appelons
le modèle de "I'école lasallienne". Ce changement devocabulaire est
important. Une école lasallienne est une école qui est animée, non
plus par des Frères assistés de laïcs dans un rôle d'appui, mais par
la communauté éducative tout entière à laquelle participent les
Frères. Ce modèle s'illustre davantage par l'emploi d'un cercle
parallèle au sol plutôt que par un triangle.
Cette façon de voir est devenue progressivement acceptée comme étant
raisonnable, nécessaire et viable. L'enthousiasme démontré parmi
tant de nos collègues laïcs et leur désir apparent de participer de
façon active a été, à la fois, cause de surprise et de joie chez les
Frères. Le développement rapide de cette nouvelle façon de concevoir
la mission lasallienne a fait preuve d'audace et a agi comme
stimulant. Et nous continuons toujours d'apprendre.
La mission de la Famille lasallienne
De nos jours on parle souvent de la mission lasallienne comme d'une
mission "partagée". Ceux et celles qui y participant sont désignés
comme étant membres de la "Famille lasallienne". II ne s'agit pas
seulement de directeurs, d'administrateurs et d'enseignants qu'ils
soient Frères ou hommes et femmes laïcs, prêtres ou autres religieux
et religieuses, mais aussi des parents, des anciens élèves, des
membres des Conseils d'administration, du personnel d'entretien, des
Sponsors, des amis et aussi, évidemment, des étudiants eux?mêmes.
Je ne prétends pas savoir le nombre exact des personnel impliquées,
mais il s'agit certainement d'un nombre impressionnant!
Nous jouissons d'un potentiel de service de grande portée dont
dispose peu d'organisations dans le monde de l'éducation
d'aujourd'hui. Mais ce potentiel comprend aussi une large part de
responsabilités graves que nous devons nous efforcer d'actualiser en
autant que nous en sommes capables. Comme communauté internationale
de personnes chargées par Dieu "d'apporter une différence
significative dans le monde d'aujourd'hui" par le biais de
l'éducation humaine et chrétienne, c'est notre mission, quel que
soit le pays où nous nous trouvons, de défier et d'assister les
jeunes et les adultes à développer, en tant que personnes humaines,
leurs capacités reçues de Dieu, C'est notre tâche de les aider à
apprendre à vivre comme fils et filles de Dieu, comme frères et
sœurs de Jésus?Christ s'ils sont de religion chrétienne, comme
frères et sœurs entre eux et, aussi, comme frères et sœurs auprès
des autres.
Ce dernier point est important. Les jeunes qui, chaque année,
sortent de nos écoles doivent être des jeunes gens et des jeunes
filles qui ont appris à s'engager au service des autres ainsi qu'à
la construction d'un monde où tous peuvent vivre dans la dignité, la
justice et la paix.
J'insiste particulièrement sur ce dernier point parce qu'il est
peut?être moins évident que les autres buts de la mission
lasallienne. Nos écoles ne doivent jamais devenir des "communautés
enclavées", fermées sur elles-mêmes, c'est-à-dire des communautés
qui existent pour assurer la protection de leurs membres, et voués
au développement des dons reçus pour leurs seuls intérêts personnels.
Nos écoles ne peuvent pas être considérées comme lasalliennes ? ni
même être justifiées ? si elles ne remplissent pas un autre but,
celui d'aider les jeunes à apprendre à être des frères et des sœurs
avec et pour les autres. Dans mes entretiens avec nos élèves,
j'insiste que leur école ne peut être vraiment lasallienne que si
elle dispose d'une orientation nette et efficace envers l'éducation
en faveur de la justice sociale.
Des cours bien structurés doivent aider nos élèves à croître dans la
connaissance des réalités sociales et économiques de leur monde, de
leur nation, de leur ville et de leur quartier et, cela pour la
durée de leur vie. Ils doivent se familiariser avec les
enseignements sociaux de l'Église. Ils doivent participer
régulièrement en insistant pour que soit mis sur pied des programmes
de service bien organisés en faveur des économiquement pauvres, des
enfants de la rue, des illettrés, etc. Dans plusieurs de nos écoles
le fait de consacrer un certain nombre d'heures à ce genre de
service est obligatoire, alors que dans d'autres, il demeure
volontaire, bien qu'attendu de tous. De plus en plus on reconnaît la
valeur formative du service.
Nos jeunes ont besoin d'apprendre qu'en tant que chrétiens et
lasalliens, ils ont l'obligation de se porter volontaires pour le
service tout au long de leur vie. En même temps, ils doivent
s'engager à travailler de façon constructive en faveur de la justice
pour tous et à la promotion d'une législation qui encourage et
protège les droits des enfants et des adolescents. Nous voulons que
nos anciens élèves soient des hommes et des femmes engagés dans la
lutte contre la malhonnêteté la corruption et toutes les autres
formes d'injustice.
Le mouvement des jeunes lasalliens
Certains Districts ont découvert que le Mouvement des jeunes
lasalliens aide à donner aux programmes de service une dimension
clairement chrétienne et lasallienne. J'ai été profondément touché
en écoutant des jeunes lasalliens de tout âge décrire leurs
expériences et décrire leur engagement affectueux envers ceux et
celles qui vent dans le besoin. Il n'existe pas de définition
uniforme pour décrire le terme jeunes lasalliens, ni non plus une
structure d'organisation uniforme. Sur le plan international,
national, régional et des districts, nous sommes témoins d'un nombre
sans cesse grandissant de rencontres de jeunes personnes ? élèves et
étudiants, étudiantes de nos écoles, anciens élèves, et d'autres
jeunes attirés par ce genre d'activités. Ces assemblées peuvent
avoir des formes qui varient, mais toutes se rejoignent, d'une façon
ou d'une autre, au niveau de trois caractéristiques proprement
lasalliennes: la foi, la communion et le service J'ai eu le
privilège de participer à des rencontres internationales ou
nationales qui se sont tenues à Toulouse, au Québec, á Manille, à
Bujedo, à Reims, à Memphis et, plus tard cette année, en Angleterre
et en Californie. En août de l'an 2000, nous espérons accueillir un
grand nombre de jeunes lasalliens qui viendront participer aux
Journées Mondiales de la Jeunesse, ici à Rome.
Les volontaires lasalliens
Des mouvements de volontaires ont évolué de façons diverses depuis
un certain nombre d'années. Depuis une quinzaine d'années, le nombre
de volontaires pour une période de service dans les régions les plus
pauvres du monde, pendant la période des vacances scolaires, n'a
cessé d'augmenter. Certains étés, le chiffre des jeunes venant
d'institutions lasalliennes des pays d'Europe seulement a atteint
plus de 300. Parmi ces volontaires se trouvent des étudiants, des
anciens élèves, des enseignants et enseignantes, des parents, des
amis, et des Frères. Mais il y a aussi dans le monde lasallien des
volontaires qui acceptent de se consacrer à plein temps pendant une,
deux, trois et même quatre années.
J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt le témoignage de volontaires et
d'anciens volontaires Ils expliquaient l'impact considérable de ces
expériences sur leur personne, admettant inévitablement qu'ils en
avaient retirés bien plus qu'ils n'avaient donné. En plus d'acquérir
une plus grande connaissance des pays économiquement pauvres, et une
sensibilisation plus profonde des réalités propres à ces peuples,
certains volontaires admettent "qu'ils se sont trouvés eux?mêmes et
elles-mêmes". D'autres admettront qu'ils y ont découvert, ou
redécouvert", la foi religieuse. Plusieurs ont acquiert une nouvelle
façon de connaître Jésus?Christ et l'Église.
De nouvelles initiatives
Il existe encore un autre aspect de la mission lasallienne que nos
anciens élèves doivent comprendre. Pendant plusieurs années le
Gouvernement central de l'Institut a exhorté les Chapitres de
District de mettre sur pied au moins une nouvelle initiative en
faveur de l'éducation de la jeunesse pauvre de façon à ce que le
service des plus nécessiteux devienne progressivement "la priorité
effective". (Règle 40a) Les orientations de notre Institut sont
claires et tout à fait supportées par celles de l'Église telles
qu'exprimées récemment dans le document Vita Consecrata, le document
qui a paru suite au Synode sur la vie consacrée. On demande aux
religieux et religieuses d'aujourd'hui de répondre à de nouveaux
besoins avec le même amour, la même créativité et le même dynamisme
que leurs fondateurs et fondatrices manifestaient dans les premiers
temps de la fondation de leurs Instituts.
À deux reprises, notre Règle propose que les Frères se désistent de
certaines œuvres courantes en faveur de leurs Sponsors lasalliens
de façon à ce que les Frères puissent s'adonner à de nouvelles
initiatives au pays ou à l'étranger (Règle l9a et 40a). C'est une
orientation que certains anciens élèves ont beaucoup de difficulté à
comprendre et à apprécier. Ils sont plutôt de l'avis qu'une fois que
les Frères ont ouvert une école, ils doivent y demeurer à jamais.
Cependant, le Pape exhorte les religieux et religieuses, en dépit du
nombre décroissant de vocations dans plusieurs secteurs du monde,
"de s'occuper de ce que le monde néglige, de répondre généreusement
et avec audace aux nouvelles formes de pauvreté". (VC 63) Je ne
propose pas pour un seul instant qu'on doive fermer des écoles
lasalliennes. Je suggère cependant que les Frères se retirent, de
façon complète ou partielle, de certaines écoles afin de répondre à
des besoins plus pressants. Nous avons déjà ? et, en raison de la
baisse de nos effectifs cela devra s'intensifier ? des écoles
lasalliennes sans communautés de Frères. Toutefois, ces écoles
restent totalement intégrées dans le plan apostolique des Districts.
Nos anciens elèves
Permettez?moi maintenant de partager certaines de mes convictions en
ce qui concerne nos anciens élèves et de faire quelques
recommandations.
· II est essentiel que nos anciens élèves sachent, aujourd'hui, ce
qui se passe au sein du monde lasallien. Ils doivent savoir que la
façon de vivre la mission lasallienne a changé. Bien que je sois de
l'avis que nos écoles, en général, n'ont jamais aussi bien
fonctionné; elles sont cependant différentes des écoles dont se
souviennent beaucoup d'anciens élèves. En conséquences les
associations doivent se doter de structures qui permettent la
communication et la formation continuelle de leurs membres.
· Les anciens élèves doivent comprendre que les plus récents
diplômés de nos écoles sont les anciens élèves d'éducateurs
lasalliens parmi lesquels quelques?uns seulement étaient des Frères.
En conséquence, nous, anciens élèves d'un âge plus avancé doivent
maîtriser notre tendance à parler de "I'école des Frères" et des "Frères".
· Près de trente pour cent de nos élèves et étudiants, (et plus de
la moitié de leurs professeurs) vent des femmes. Les Associations
doivent donc refléter cette réalité. Les rencontres que j'ai avec
des anciens élèves ? incluant celle de ce soir ? ne reflètent pas
cette réalité. D'autre part, I'an dernier j'ai eu le plaisir de
rencontrer une jeune femme dynamique qui venait de compléter avec
succès son mandat comme Présidente de son association. Elle
travaille maintenant comme secrétaire dans son ancienne école. Ce
genre d'expérience est cependant encore trop rare.
· Nous avons à nous demander si l'identité et la mission de nos
associations sont claires. Quelles sont nos priorités?
Reflètent?elles un sens de participation et de collaboration à la
mission lasallienne? Sont?elles en harmonie avec les priorités de
l'Institut?
· Y trouve?t?on des activités de nature spirituelle? Des
célébrations eucharistiques périodiques, des journées de
récollection, des sessions de formation continuelle?
· Nos anciens élèves comprennent?ils l'engagement de tous les
Lasalliens à la solidarité avec les pauvres? Sont?ils prêts à
collaborer dans des projets de service ou dans l'organisation et le
financement de tels projets? Sont?ils prêts à participer à la mise
sur pied de nouvelles initiatives en faveur de l'éducation des
pauvres ? soit au pays ou l'étranger? Je pense qu'il serait utile
que nos anciens élèves reçoivent une copie de ma lettre pastorale de
cette année ? sur la défense des droits de l 'enfance, le règne de
Dieu et la mission lasallienne.
· Nos anciens élèves sont?ils activement engagés dans la lutte pour
une société meilleure et pour l'élimination de la malhonnêteté et de
la corruption dont trop de nos pays sont victimes?
· Nos associations sont?elles clairement impliquées dans la mission
pastorale du diocèse? Nos membres participent?ils de façon active et
constructive dans la vie de leur Église locale? La mission
lasallienne ne doit jamais, ni pour aucune raison, être mise en
parallèle avec la mission de l'Église locale. Nos communautés
éducatives lasalliennes doivent être parfaitement intégrées à
l'intérieur de la communauté ecclésiale plus large.
· Nos associations assurent?elles la promotion et la défense des
écoles catholiques? Dans les régions où les écoles catholiques sont
privées de fonds publics, nos anciens élèves sont?ils activement
engagés en vue d'influencer un processus politique plus favorable au
support des écoles catholiques?
· Nos anciens élèves apportent?ils un appui financier à la mission
lasallienne? Par une contribution personnelle à la recherche de
fonds? Cherchent?ils à rendre disponibles des bourses d'études pour
les élèves les plus démunis? Dans certains pays nos anciens élèves
sont très généreux. Sans le secours direct et indirect de nos
associations, nos œuvres apostoliques ne pourraient exister. Dans
d'autres secteurs de l'Institut cependant, ce genre de secours
n'existe pas.
· Lorsque sollicités, nos anciens élèves acceptent?ils de servir
comme membre des Conseils d'administrationet des Conseils? Et
comprennent?ils toutefois, que les associations, d'elles?mêmes,
n'exercent pas un rôle d'autorité dans leurs anciennes écoles?
· Nos associations sont?elles impliquées dans le ministère pastoral
des vocations ? particulièrement ceux et celles qui sont parents? Je
ne veux pas paraître cynique, mais j'ai parfois ['impression que
tout le monde est en faveur des vocations à la vie de Frères, à
condition qu'elles proviennent des autres familles.
L'UMAEL
Ce serait malhonnête de ma part de ne pas vous exprimer mon grand
désappointement de constater qu'il ne se trouve aucun représentant à
cette assemblée de plus de 75% de notre monde lasallien. Comment
expliquer l'indifférence manifestée envers l'organisation d'un
mouvement d'anciens élèves qui soit vraiment international?
Pourquoi les participants à l'UMAEL refusent?ils de modifier une
politique qui nuise plutôt que stimule la participation des
associations? Pour être plus précis, faut?il continuer à insister
pour que l'UMAEL se définisse comme une confédération de fédérations
plutôt qu'une union d 'associations? Malgré le titre de cette
organisation: I'Union Mondiale des Anciens Élèves Lasalliens, les
statuts (article 1) déclarent que l'UMAEL est. de fait, une
Confédération Mondiale de Délégations d'Anciens Élèves Lasalliens.
Plusieurs associations très actives ne participant pas à une
fédération parce qu'une telle n'existe pas. Elles sont donc du fait
exclues. Pendant toutes mes années de service comme Supérieur
général, j'ai fait cette observation.
D'autre part, I' absence de fédérations n'est clairement pas la
seule raison qui explique ce manque de participation. Plusieurs
anciens élèves ne voient tout simplement pas la valeur d'une
participation au niveau international. L'UMAEL a?t?elle fait les
efforts suffisants pour convaincre les associations locales et pour
les persuader de participer.
Nous souhaitons la participation très active des anciens élèves à
notre mission lasallienne ? à tous les niveaux, y compris le niveau
international. Nous voulons une Union Mondiale des Anciens Élèves
très active, qui puisse et qui veuille contribuer de façon
significative à cette mission. Je sais, évidemment, que je m'adresse
à ceux qui sont convaincus et non pas à ceux qui ne le sont pas.
Néanmoins, je pense et j'espère que vous reconnaissez que la
promotion de l'UMAEL est un aspect essentiel de la part de vos
membres. Et j'espère que pendant ces journées que vous consacrerez
le temps nécessaire, formellement et informellement, à chercher les
moyens pour rendre l'UMAEL vraiment représentative de notre Famille
lasallienne internationale et de notre mission.
Conclusion
J'ai fait référence plus tôt á ma lettre pastorale sur la défense
des droits de l'enfance. Permettez-moi de citer les derniers
paragraphes de cette lettre que j'ai modifiés légèrement pour cette
occasion. Je vous laisse vous?mêmes décider la relation entre le
contenu de ces paragraphes et l'Union Mondiale des Anciens Élèves
Lasalliens. Je commence en citant la Règle: "Attentif en premier
lieu aux nécessités éducatives des pauvres qui aspirent à prendre
conscience de leur dignité d'hommes et de fils de Dieu, et qui
cherchent à la faire reconnaître, I'Institut crée, renouvelle et
diversifie ses œuvres selon les besoins du Royaume de Dieu." (Règle
11)
Dans son Message pour la Journée Mondiale de la Paix, Jean?Paul II
déclare que la parabole de l'homme riche montre clairement que "face
au contraste éclatant entre les riches insensibles et les pauvres
qui ont besoin de tout, Dieu se trouve du côté de ces derniers. Nous
aussi devons être du même côté. Puis le Pape exhorte tous les
chrétiens en disant: "Faites?vous les hérauts de la dignité de
l'homme".
Anciens élèves lasalliens, en union avec tous les autres lasalliens,
comme hérauts de la dignité humaine, renouvelons et relançons notre
engagement à travailler à la promotion du règne de Dieu, à la
construction d'une communion internationale de personnes dans
laquelle tous les enfants puissent vivre comme les enfants qu'ils
ont le droit d'être.
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