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Frère Claude
REINHARDT, FSC
Conseiller
Général, Assesseur de l' UMAEL
(Avril 2001)
Associés et Associations Lasalliennes aujourd’hui.
L’article que vous lisez est une tentative, limitée et datée, de
mentionner brièvement les différents types et degrés d’associations
dans le monde lasallien aujourd’hui. Ce texte ne peut rendre compte
ni de toutes les expériences vécues ni de toutes les recherches en
cours. En effet, les personnes s‘associent librement et les
associations se transforment et changent en fonction des
circonstances, des besoins, des appels reçus. L’important pour les
associations qui se réclament de La Salle est de garder toujours en
vue le but de l’association dans la tradition lasallienne : le
service éducatif des jeunes, en particulier des pauvres.
L’Association nous renvoie à l’origine de l’Institut : le 6
juin 1694 en effet, Jean-Baptiste de La Salle s’engageait avec douze
compagnons par un vœu d’association, d’obéissance et de stabilité.
Cette Association initiale a constitué la base de l’association de
milliers de Frères dans l’Institut pendant plus de trois siècles. A
son tour, cette association des Frères s’est montrée féconde et
capable d’en engendrer d’autres. Depuis le Concile Vatican II en
particulier, dans la compréhension renouvelée de l’engagement
missionnaire de tous les baptisés, les Chapitres Généraux des Frères
des Ecoles Chrétiennes ont insisté sur l’association, renouvelant
l’étude du vœu d’Association (1976), publiant une Lettre à la
Famille Lasallienne (1986), développant le thème de la Mission
Partagée (1993), choisissant enfin comme thème du 43° Chapitre de
mai et juin 2000 :
« Associés pour le service Educatif des Pauvres comme réponse
lasallienne aux défis du 21° siècle ». Ajoutons que les deux
derniers chapitres généraux ont invité des consultants Laïcs à
participer, pour un temps, à leurs travaux sur la mission.
Dans le monde lasallien aujourd’hui, on peut distinguer
différents types d’associés ou différentes formes
d’associations. Le dernier Chapitre, pour clarifier le
vocabulaire, a commencé par distinguer les Sponsors ( ceux qui
partagent de fait notre mission ) des associés. Ces associés sont
des personnes qui ont une réelle proximité avec les Frères et les
Laïcs déjà fortement engagés dans la mission lasallienne. S’ils sont
enseignants, ils ont conscience qu’ils vivent une vocation, ils se
sont formés, ils partagent le projet éducatif et s’engagent
effectivement dans la mission.
Mais on peut être associé à différents degrés et selon les périodes
de sa propre vie. Les exemples vécus, mieux que les théories ou les
exigences imposées, nous aident à distinguer :
-
les associés de cœur : ils le sont par l’amitié, le souvenir de
l’éducation reçue, les actions ponctuelles de soutien et de
partage de la mission. Les associations d’anciens élèves peuvent
se trouver ici, ainsi que certaines associations de parents ou
d’anciens parents ou d’amis des écoles. Ceci n’exclut pas, bien
sûr, que des anciens élèves soient dans d’autres catégories
repérées ici ; celles-ci d’ailleurs, ne sont exclusives d’aucune
autre.
-
il y a ensuite les associés au nom d’une spiritualité, pour le
développement de leur vie chrétienne. Le Chapitre les groupe dans
les « associations à caractère spirituel ». Elles prennent
souvent la forme d’un mouvement ou d’un groupe de vie chrétienne
qui a un règlement pour tous ses membres et fixe des moments de
réunion dans l’année, par exemple le mouvement Signum Fidei, la
Fraternité Lasallienne laïque en France, les groupes de Recherche,
les « Comunidades Cristianas La Salle » en Espagne, d’autres
expériences de vie communautaire.
-
Il y a les associés qui sont acteurs de la mission éducative.
Certains le sont de façon temporaire, par exemple les Jeunes
Volontaires Lasalliens qui passent une ou plusieurs années dans un
service éducatif des pauvres, avec des Frères. D’autres sont
acteurs de la mission par métier, pour leur carrière tout entière
: enseignants, éducateurs, animateurs en pastorale, directeurs
d’établissements …
-
D’autres Laïcs, en fonction des pays et des cultures, ont un haut
niveau de responsabilité dans les œuvres (chefs d’établissements)
ou au niveau institutionnel (au service du réseau des
établissements dans un district). Ils font partie d’associations
que le Chapitre appelle « les associations à caractère
juridique ou fonctionnel ». On pourrait y situer l’Association
La Salle en France, les membres des Leadership Teams de certains
districts américains, ou encore les Délégués Laïcs de la Tutelle,
les Laïcs engagés en Belgique-Nord pour le suivi des anciennes
écoles de Frères (Vlams Lasallianse Perpektief). On pourrait y
placer enfin les nombreux Laïcs chargés de formation et
d’animation dans les districts.
-
Il y a aussi, indépendants de l’Institut mais en relation d’amitié
et d’entraide avec lui, les «associations à caractère canonique
» telles que les deux Instituts de Sœurs et l’Union des
Catéchistes de Jésus-Crucifié de Turin.
Pour reconnaître et promouvoir ces associations et cette association
à la mission, le 43° Chapitre Général a pris des décisions
concernant la participation des associés lasalliens aux instances
de décision concernant la mission lasallienne. Il demande que
des structures de participation soient créées au niveau des
districts et il a créé, au niveau international, c’est à dire de
tout l’Institut, le Conseil Permanent de la Mission Educative
Lasallienne et la Commission «Associés pour le service éducatif des
pauvres » dans lesquelles Laïcs et Frères travaillent ensemble.
Avant le prochain Chapitre Général se tiendra également une
Assemblée Internationale de la Mission Educative Lasallienne.
Les Anciens Elèves pour leur part, sont constitués en
Associations. A travers elles, ils peuvent continuer à entretenir
des liens d’amitié et développer la solidarité entre les membres et
avec les écoles dont ils sont issus. Il est vrai que les
associations connaissent aussi les saisons : périodes d’enthousiasme
et de développement, périodes de stagnation, voire de disparition…il
ne faut ni s’en étonner ni se crisper sur les formes passées. Il
faut surtout préserver la liberté : la liberté d’association, celle
de s’associer, et celle de quitter une association pour servir
ailleurs. Comme pour les mouvements d’apostolat, on pourrait
appliquer à nos associations cette remarque d’un évêque Français,
Mgr Jaeger, qui s’adressait à ses confrères évêques en 1998 , leur
disant qu’il fallait « évaluer les mouvements de jeunes ou d’adultes
en terme de formation et pas seulement d’adhésion actuelle ». Au
cours de leur formation dans les écoles et par leur participation
aux associations, les Anciens Elèves ont beaucoup reçu. Aujourd’hui,
ils sont en situation de beaucoup donner s’ils le veulent. Ils
peuvent rester actifs dans leurs associations et soutenir, pour leur
part et à leur juste place, les œuvres éducatives lasalliennes. Mais
leur action peut s’étendre bien au-delà du seul monde lasallien dans
lequel ils ne sont, pour la plupart, pas engagés professionnellement.
Dans les pays où les Chrétiens sont minoritaires et où les écoles
lasalliennes reçoivent et éduquent des jeunes de plusieurs religions
(Asie, Proche-Orient …), les Anciens Elèves qui ne partagent pas la
foi chrétienne peuvent s’engager comme citoyens actifs de leurs
sociétés, agissant pour la justice et la paix. Les Anciens Elèves
qui partagent la foi chrétienne et qui sont engagés dans toutes
sortes de métiers sont invités à approfondir la mission que l’Eglise
confie aux fidèles laïcs dans le monde d’aujourd’hui. Ils ne
manquent pas de textes de références pour fonder dans la réflexion
leur engagement chrétien dans le monde (Concile Vatican II,
Encyclique de Jean-Paul II : Christi Fideles Laici, déclarations
d’évêques dans chaque pays, etc…)
Jean-Paul II signale huit points d’attention où les laïcs peuvent et
doivent s’engager : la dignité de la personne, le droit à la vie, la
liberté de dire Dieu, la famille, la charité, la vie politique, la
vie économique et sociale, la culture. Les Anciens Elèves, à partir
de l’éducation chrétienne reçue, peuvent s’engager dans tous ces
terrains. Et puisque, pour une grande majorité d’entre eux, ils sont
parents ou grand-parents, ils auront une attention particulière aux
questions touchant l’éducation : la famille, l’école, l’intégration
professionnelle des jeunes, l’initiation chrétienne, l’intégration à
la vie en Eglise. Et que dans tout ce qu’ils peuvent faire comme
chrétiens, ils n’oublient pas la promotion de toutes les vocations
chrétiennes, et parmi elles, de la vocation de Frère.
Frère Claude REINHARDT, F.S.C.
Conseiller Général - Assesseur de l’UMAEL
avril 2001
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